L’abeille Noire,
en deux mots

L’abeille Noire (Apis Mellifera Mellifera) est présente en Europe de l’Ouest depuis un million d’années. Elle est la plus ancienne des sous-espèces d’Apis mellifera, et la mieux adaptée à nos climats. Malheureusement, sa survie est aujourd’hui menacée. L’introduction massive dans l’écosystème de races d’élevage plus productives l’a mise en danger. En seulement quelques décennies Apis Mellifera Mellifera s’est dangereusement raréfiée.

L’abeille Noire a une allure plus trapue par rapport aux autres sous-espèces, et une couleur du corps très foncée, presque noire, d’où son nom. Elle est aussi caractérisée par un grand corps avec un abdomen volumineux recouvert de poils longs. D’autres caractéristiques morphologiques permettent de la distinguer des autres sous-espèces. Rustique, elle s’adapte parfaitement aux climats de nos régions et passe l’hiver sans assistance.

  • Couleur brun noir
  • Plus grande que les autres sous-espèces, avec un abdomen large et volumineux
  • Trompe courte
  • Corps recouvert de nombreuses soies (poils)

Crédit photo : Abeille Noire Atlantique

  • Adaptée au climat européen, aux hivers rudes, avec une gestion économe de mes réserves
  • Résistante aux maladies, longévité des ouvrières et des reines
  • Frugale, demandant peu d’interventions humaines
  • Alliée de l’agriculture : excellente récolteuse et disséminatrice de pollen

Crédit photo : Julien Tonnellier


A l’origine

  • Il y a 10 millions d’années, le genre Apis, venu d’Asie Méridionale, s’est propagé en Europe et en Afrique. Il a donné naissance à 4 grandes lignées, Mellifera, Cerana, Dorsata et Florea, qui correspondent à des caractéristiques d’adaptation aux milieux.
  • En Europe, c’est Apis Mellifera qui s’implante, avec 26 sous-espèces, dont Apis Mellifera Mellifera que l’on trouve dans toute l’Europe de l’ouest, des Pyrénées à la Scandinavie. C’est elle que l’on appelle communément abeille Noire.

20e

  • À partir des années 1980, les apiculteurs importent ou élèvent de plus en plus d’abeilles hybrides, à partir de souches italiennes ou caucasiennes. Ces abeilles sélectionnées pour leur productivité et leur grande douceur sont jugées plus rentables, et sont rapidement préférées à notre abeille locale.
  • Ces importations massives d’essaims d’abeilles non locaux entraînent une hybridation des essaims naturels, et donc une disparition progressive de la souche Apis Mellifera Mellifera. À cela s’ajoutent les maladies et parasites (varroa), l’évolution des pratiques agricoles, et la perte de biodiversité naturelle.
  • Tous ces phénomènes cumulés entraînent des syndromes d’effondrement des colonies d’abeilles. La réponse actuelle de l’apiculture consistant à produire toujours plus d’abeilles d’élevage, pour compenser les pertes, est le début d’un cercle vicieux.
  • En silence, l’abeille Noire et ses formidables capacités d’adaptations s’éteignent, son patrimoine génétique disparaît et les apiculteurs sont dans l’impossibilité de s’en procurer.

2009

  • Yann Audrain et Cédric Ouary, deux apiculteurs de Loire Atlantique, veulent retrouver des souches survivantes de l’abeille Noire endémique qu’élevait leur grand-père. Cette abeille est adaptée à son milieu, douce et frugale. Ils créent le blog « abeillenoire44 » dans ce but.

2010/2015

  • Ils recherchent des souches d’abeille Noire locale et achètent plusieurs dizaines d’essaims et de reines, issus de colonies génétiquement pures de l’île d’Ouessant, et démarrent leur élevage.

2015

  • L’élevage est bien installé, avec une zone de conservation qui se dessine, et une première station de fécondation est en place.

2016

  • Sous l’impulsion de Yann et Cédric, le groupe Abeille Noire est créé au sein du syndicat apicole UNAPLA (Union des Apiculteurs de la Loire Atlantique) afin de repeupler progressivement les ruchers-écoles du syndicat avec de l’abeille Noire.

2019

  • Le groupe s’agrandit et devient une association, Abeille Noire Atlantique , qui regroupe des apiculteurs amateurs et professionnels, et dont l’objectif est de préserver et développer notre abeille Noire locale.

2020

  • Des analyses génétiques menées par le CNRS, Abeille Noire Atlantique et l’UNAPLA confirment que les choix de conservation et l’approche générale portent leurs fruits.

2020

  • Adhésion de « Abeille Noire Atlantique » au CRAPAL (Conservatoire des Races Animales en Pays de Loire)

Association

 Abeille Noire Atlantique

  14, Place de l’Église
  44810 La Chevallerais

abeillenoire44.fr

Se documenter

L’abeille noire

UNAPLA - Décembre 2021

Préservation : Abeille Noire Atlantique

L’ABEILLE de France - n°1089 - avril 2021

Association Abeille Noire Atlantique

Abeille Noire Atlantique
2019

L’abeille Noire, une perle de plus en plus rare

Fédération européenne des Conservatoires de l’abeille noire
2016